Le mois dernier, je suis allé le plus loin qu'on puisse aller sur Terre depuis la France. A l'autre bout de la planète, en Nouvelle-Zélande. La Nouvelle-Zélande est appelée Aotearoa par les Maoris ; cela signifie le « pays du long nuage blanc ». Le climat est assez tempéré pour sa latitude. Mais une particularité du climat néo-zélandais est cependant sa grande variabilité, été comme hiver. La côte Ouest de l’île du Sud se distingue par sa pluviosité (plus importante encore dans le Fjordland National Park). À l’opposé, la côte orientale de cette île est la région la plus sèche du pays. Tout le littoral Nord de South Island (face au détroit de Cook) et la pointe orientale de North Island (Bay of Plenty, East Cape) bénéficient du meilleur ensoleillement. Mais c’est logiquement à l’extrême Nord-Ouest du pays, le long de la « Ninety miles beach » que l’on rencontre les températures les plus élevées. L’été (de décembre à février, évidemment : comme le pays se situe dans l’hémisphère austral, ses saisons sont donc inversées par rapport à celles de l’Europe) est chaud et assez ensoleillé dans l’île du Nord, ou « île fumante », agréable dans la plus grande partie de l'île du Sud, ou « île de jade » (à l‘exception de l’extrême Sud et de l’île Stewart, où les températures restent un peu fraîches). Mais l’humidité, élevée en permanence dans ce pays très maritime, contribue à créer une impression de serre chaude à la belle saison. De décembre à février, on peut affronter l’eau de mer sur certaines côtes sans être un Spartiate (genre « nous dînerons en enfer ce soir ! ») : sa température approche en effet 20° sur la côte Nord-Est de l’île du Nord (Auckland), la seule avec le Nord de l’île du Sud à être baignée par une mer assez calme (mais en août, il vaut mieux avoir un scaphandre ou s'appeler Léonidas : elle descend à 14° !). L’été (notre hiver, donc) reste la période la plus propice aux randonnées en montagne, dans la région des lacs et des volcans du Nord, ou dans celle des fjords du Sud-Ouest. Mais si vous y allez en cette saison, il faut tout de même savoir que la luminosité des ciels néo-zélandais va de pair avec une irradiation solaire forte : il vaut donc mieux faire attention aux brûlures. Autre chose à considérer, si vous y aller à la belle saison : moustiques et phlébotomes rivalisent de voracité dans les régions basses : les premiers vous irritent la nuit, les seconds vous rendent fous dans la journée. Mais en dehors de ces menus détails, la Nouvelle-Zélande est un pays de rêve. Pas étonnant que Peter Jackson y ait filmé certaines scènes du Seigneur des Anneaux : les paysages y sont à couper le souffle. Si vous voulez plus de renseignements sur cette destination originale, je vous mets en lien le site sur lequel j'ai trouvé mon bonheur : c'est un site dédié aux voyages insolites, et certaines destinations sont vraiment étonnantes à découvrir. Qui sait, ce sont peut-être mes prochaines destinations ! Plus d’infos : voyage insolite.
mercredi 3 juin 2015
Toujours plus de réfugiés
Les migrations sont surtout douloureuses pour ceux qui doivent partir et tout risquer, y compris leur vie, pour espérer croire que l'herbe est plus verte ailleurs. La France a délivré 208 000 titres de séjour aux immigrés en 2014 et elle fait vivre 60 000 demandeurs d’asile ! Si elle avait des emplois à offrir, cela se saurait…
Les émeutes de Baltimore, dans le Maryland, ne sont pas que des images de télévision. Des éruptions de violence auxquelles nous habituerait l’Amérique. Ce sont des signaux d’alerte, quand des quartiers prennent feu. On aurait tort de croire que tout cela est lointain et n’arrive qu’aux autres. Il y a dix ans, en novembre 2005, c’était chez nous, et ça peut se reproduire. Après tout, le premier ministre était bien à Marseille, le 9 février, quand des bandes rivales se tiraient dessus au fusil d’assaut.
Sur nos écrans, les images de Baltimore ont pris la suite de celles des sauvetages de migrants, débarqués de leurs canots sur les côtes italiennes, pendant que les représentants des Vingt-Huit de l’Union européenne observaient une minute de silence pour les disparus en mer. Ce rapprochement entre des drames si éloignés et apparemment sans rapport pourrait être saisissant. Le soir de ce dimanche 26 avril, sur Europe 1, Gilles Kepel, l’auteur de Banlieue de la République (Gallimard), familier de l’Orient chaotique, interrogé sur le point de savoir ce que pouvaient être les intentions de l’État islamique et de ses filiales, répondit : « Ce qu’ils veulent, c’est la guerre civile. » Pas seulement chez eux, chez nous.
Une dépêche de l’AFP datée du 19 février dernier prévenait : « Dae’ch menace d’envoyer 500 000 migrants vers l’Europe. » Le 13 mars, le directeur exécutif de l’agence Frontex, chargée du contrôle des frontières extérieures de l’Europe, le Français Fabrice Leggeri, précédemment spécialisé dans l’immigration illégale au ministère de l’Intérieur, ne parlait plus d’une menace mais d’une perspective : « Entre 500 000 et 1 million de migrants attendent sur les côtes libyennes de pouvoir traverser la Méditerranée. »
Ainsi alertés, que font les Européens réunis en sommet d’urgence à cause de l’émotion suscitée par les naufragés de la mer ? Ils n’ont ni politique de l’immigration, ni politique des frontières, ni politique de sûreté collective. Et ils ne sont pas près d’en avoir quand on lit les déclarations du ministre grec de la Défense, Panos Kamménos (un “souverainiste” salué par les “souverainistes français”) dans un quotidien italien : « Si l’Europe nous lâche en pleine crise, on l’inondera de migrants, on leur distribuera des papiers valides qui leur permettront de circuler dans l’espace Schengen… » L’élégance et la hauteur de vue de ce genre de propos permettent de comprendre la facilité avec laquelle les passeurs envoient leurs cargos rouillés chargés de miséreux dans les eaux grecques.
Ils viennent des côtes libyennes. Mais pas seulement : l’agence Frontex signale que les plus gros contingents sont syriens, kosovars, afghans. François Hollande en a profité pour dire que le chaos libyen, “c’était pas moi”. Mais, sous-entendu, Sarkozy. Et Cameron ? Pourquoi donc Français et Britanniques (et les Américains au début) sont-ils intervenus, en 2011, avec leurs avions, soutenus par leurs Parlements respectifs (les socialistes avaient voté pour), afin d’abattre Kadhafi ? Parce qu’il fallait prévenir la guerre civile qui menaçait, en plein printemps arabe — et que, derrière celle-ci, nous l’avions dit ici même, se profilait le danger bien réel de voir 1 million de réfugiés se presser pour traverser la Méditerranée.
D'un génocide à l'autre?
L'histoire se répète malheureusement, et souvent pour le pire, comme en témoignent les génocides dus à la religion. Il y a un siècle, un génocide frappait les Arméniens. Il a été suivi par l’épouvantable Shoah. Aujourd’hui, les victimes sont catholiques, coptes, orthodoxes ou protestantes.
Combien de bacheliers ont planché sur cette phrase prémonitoire attribuée à André Malraux : « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas. » En fait, l’auteur de la Condition humaine n’a jamais fait une telle prédiction. Dans une interview accordée au Point en novembre 1975, recueillie par Pierre Desgraupes, il a lui-même corrigé cette légende : « On m’a fait dire : “Le XXIe siècle sera religieux.” Je n’ai jamais dit cela bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un événement spirituel à l’échelle planétaire. » Cet événement se produit chaque jour devant nous sans que nous en mesurions la portée, l’importance et toutes les conséquences.
Il y a un siècle, le monde contemporain connaissait son premier génocide, avec le massacre de près de 1,5 million d’Arméniens. Ensuite, et ce ne peut pas être considéré par un être humain digne de ce nom comme « un point de détail », il y a eu l’épouvantable Shoah, avec l’extermination programmée de 6 millions de juifs. Actuellement, nous assistons bel et bien à un génocide des chrétiens. Et notamment des chrétiens d’Orient, victimes des exactions de Dae’ch. Il y a une semaine, lors de sa messe matinale où il commentait la lecture du récit de la lapidation de saint Étienne, le pape François a eu cette parole forte : « Aujourd’hui, l’Église est une Église de martyrs », avant d’ajouter : « Ces jours-ci, combien d’Étienne y a-t-il dans le monde ! » Sans doute plus de 150 millions, a répondu un collectif de spécialistes réunis par Mgr di Falco dans le Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde (XO Éditions), publié en octobre 2014.
La veille de cette homélie, le souverain pontife avait écrit au patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne, Abuna Matthias, après l’assassinat de 28 Éthiopiens par l’État islamique en Libye : « Cela ne fait aucune différence que les victimes soient catholiques, coptes, orthodoxes ou protestantes. […] Le sang de nos frères et de nos soeurs chrétiens est un témoignage qui crie pour se faire entendre de tous ceux qui savent encore distinguer le bien du mal. Ce cri doit être écouté surtout par ceux qui ont entre leurs mains le destin des peuples. » Mais seul Manuel Valls semble avoir reçu “cinq sur cinq” la supplique du pape. Dès le 24 avril, il a tenu à dénoncer le sort des chrétiens d’Orient, qui sont « en train d’être éradiqués », avant d’appeler à « mettre un terme à l’entreprise d’extermination conduite par Dae’ch ». Mais ces crimes, qui ont frappé de manière atroce 21 coptes égyptiens en Libye, un jeune Pakistanais brûlé vif par ses compagnons, tous ces migrants jetés par-dessus bord en haute mer par d’autres parce qu’ils étaient chrétiens, ou ces Éthiopiens assassinés, il y a quelques jours, en raison de leur foi, pourraient bien toucher maintenant la France. C’est ce que notre pays a réalisé avec stupeur, la semaine dernière, après l’arrestation d’un présumé terroriste qui avait programmé un attentat dans une église de Villejuif. Cet islamiste progressivement radicalisé et en relation directe avec un commanditaire situé parmi les troupes de l’État islamique avait reçu la consigne de frapper au moment des offices religieux de manière à faire le maximum de victimes.
Les autorités religieuses ont fait preuve d’un très grand sang-froid. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’est également montré à la hauteur de sa fonction. Ensemble, l’archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, et celui qui est aussi ministre des cultes ont convenu qu’il y avait deux leçons à tirer de cet attentat déjoué. La première, c’est qu’être chrétien en France, c’est accepter de ne plus vivre en sécurité, car il est impossible de surveiller toutes les églises. La seconde, c’est qu’au-delà de ce qui était programmé à Villejuif, c’est toute une idée de la France qui est désormais menacée. Une idée bâtie sur la liberté et le respect des croyances. De toutes les croyances. Une idée que ne partagent pas un certain nombre de Français musulmans, qui ont épaulé ce terroriste, l’ont armé et se livrent, dans les banlieues, à un prosélytisme antichrétien ou antijuif.
vendredi 10 avril 2015
Retour à Marrakech
Ce mois-ci, j'ai assisté à un séminaire à Marrakech. J'avais déjà fait un voyage au Maroc il y a quelques années, où j'avais fait les grands classiques lors d'un bref séjour dans la ville : la médina, l'incroyable place Jemaa-el-Fna, et la Koutoubia. Lors de cette seconde visite, ce sont deux palais que j'ai pu visiter, et qui m'ont tous deux ébloui, bien qu'ils soient de styles très différents : le palais El-Badia et le palais de la Bahia. Le premier est une ruine tandis que l'autre est soigneusement conservé : mais tous deux impressionnent à leur manière bien particulière.
Le palais El-Badia (celui en ruines) signifie, de par son nom, « l'incomparable ». Il a été édifié à la fin du XVIe siècle par le plus célèbre des princes saadiens: Ahmed el-Mansour. Celui-ci fut un sultan brillant et conquérant. Dans les années 1590, ses troupes conquirent la boucle du Niger, contrôlant ainsi les routes de l'or et du sel, et aussi celles des esclaves. Le Maroc s'étendait alors jusqu'à Tombouctou et sa capitale était alors Marrakech. Il fit construire de nombreux palais somptueux, dont El-Badia, considéré comme l'une des merveilles du monde musulman pour ses marbres d'Italie, ses onyx, ses mosaïques et ses dorures à la feuille d'or. Aujourd'hui, les cigognes nichent dans les hauts murs d'enceinte en pisé qui entourent une large esplanade creusée de bassins et plantée d'orangers. On peut encore visiter l’ancienne prison souterraine et découvrir dans une salle voûtée l'ancien minbar de la Koutoubia : une chaire en bois précieux et en ivoire façonnée à Cordoue au XIIe siècle.
Le second palais, celui de la Bahia, est plus récent : il a été construit à la fin du XIXe siècle à la demande du grand vizir Ahmed Ben Moussa. L'édifice se présente comme une succession de cours, de salons et de jardins. En fait, il s'agit d'un patchwork de maisons rassemblées pour former un seul ensemble, d'où une impression de dédale désordonné qui se dégage des lieux. Il faut dire que le palais se compose au final de 150 pièces aux dimensions très inégales. La décoration intérieure est pour le moins raffinée. Dans les appartements privés du vizir, notamment : quatre chambres donnant sur une petite cour ouverte, toute de marbre et de zelliges (ces fameux carreaux de céramiques traditionnels). La « cour d'honneur » présente quant à elle trois belles vasques à jet d'eau et une galerie aux colonnes de bois cannelées. De là, on passe à la plus grande pièce du palais, la salle du conseil, ornée de faïences et dont le plafond en cèdre est peint avec une grande finesse. On y trouve également des jardins mauresques entourés de salles et de niches richement décorées. Le site s'étend sur 8 hectares. Si vous passez un jour à Marrakech, vous vous devez de visiter ces lieux et de ne pas vous contenter des souks. Ce séminaire à Marrakech a été une vraie réussite, soit dit en passant. Je crois que c'est la meilleure saison pour y aller. Il y fait merveilleusement bon, mais jamais trop chaud. J'y étais allé pendant l'été la première fois et j'avais la plupart du temps l'impression d'être une boule de pain dans le four d'un boulanger. Je vous laisse le lien vers l’organisateur de notre voyage incentive au Maroc, ils sont excellents.
Le doigt d'honneur de Varoufakis
Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, est accusé d'avoir fait un doigt d'honneur à l'Allemagne en 2013. À tort ?
C’est la polémique du moment en Allemagne : le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a-t-il fait un doigt d’honneur à l’Allemagne en 2013 ? Une vidéo semble le suggérer, mais il pourrait s’agir d’un montage.
Les Allemands sont à un doigt de sortir de leurs gonds à l’égard de la Grèce. Ils ne savent juste pas encore si ce doigt existe réellement, si c’est un faux ou… le faux d’un faux. Une chose est sûre : depuis dimanche 16 mars, ils n’ont d’yeux que pour le majeur du ministre grec des Finances Yanis Varoufakis.
A-t-il, oui ou non, adressé un doigt d’honneur à l’Allemagne lors d’un discours sur l’état économique de la zone euro et les problèmes de la Grèce, prononcé en 2013 ? Pour tenter, dimanche, de trancher cette question, un journaliste de la première chaîne allemande ARD a ressorti une vidéo de ce discours, mise en ligne en février 2015, et l’a montrée au principal intéressé en lui demandant s’il avait réellement exécuté ce geste provocateur. Yanis Varoufakis nie, s’énerve presque, et évoque un odieux trucage.
Le démenti ne suffit pas. Dans le climat actuel de tension entre Berlin et Athènes depuis la victoire de la gauche radicale en Grèce, la moindre étincelle peut suffire à brûler ce qui reste des ponts entre les deux États.
L'EI attaque... partout
L'EI a revendiqué jeudi, dans un enregistrement audio, l'attentat mené la veille contre le musée du Bardo à Tunis, qui a fait 21 morts, dont 20 touristes étrangers. Le groupe a menacé le pays de nouvelles attaques.
L'organisation de l'État islamique (EI) a revendiqué, jeudi 19 mars, l'attentat qui a coûté la vie mercredi à 21 personnes, dont 20 touristes étrangers, au musée du Bardo, au cœur de Tunis.
Dans un enregistrement audio, l'EI rend hommage deux assaillants et les qualifie de "chevaliers de l'État islamique". Le groupe terroriste menace également la Tunisie d'autres attaques, affirmant qu'il ne s'agissait que "du début".
"L'EI précise que les deux assaillants étaient des Tunisiens, pas des étrangers, il précise aussi que c'est le musée du Bardo qui était visé, pas le Parlement", a commenté Wassim Nasr, journaliste de France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes. Les terroristes ont apporté cette précision "pour démontrer qu'ils ont réussi à créer une brèche dans le dispositif sécuritaire autour du parlement", a-t-il souligné.
Selon lui, c'est la première fois que l'EI montre sa présence en Tunisie. "Jusque là, il n'y avait qu'Al-Qaïda qui était actif", rappelle Wassim Nasr. "Désormais, l'EI est implanté en Tunisie, au-delà de l'Égypte, au-delà de la Libye, au-delà du Nigeria avec l'allégeance de Boko Haram."
Le spécialiste analyse : "On sait très bien que les Tunisiens sont très actifs dans les rangs de l'EI, que ce soit en Irak, en Syrie ou même en Libye, qu'ils ont des postes de commandement parfois importants, au niveau militaire, au niveau religieux".
Wassim Nasr rappelle sur son compte Twitter que l'attaque du musée du Bardo est la plus meurtrière menée contre des Occidentaux depuis la création de l'EI.
vendredi 20 février 2015
La cuisine catalane, au-delà des tapas
A force de me rendre en Espagne pour des séminaires (presque tous les deux mois), je commence à connaître la cuisine locale, et en particulier la cuisine catalane (les séminaires ont en général lieu à Barcelone). Si les tapas et leurs fameux bars sont connus de tous, ils le sont un peu au détriment des autres spécialités culinaires de la région. Alors je vais vous présenter aujourd'hui trois entrées catalanes classiques qu'il ne faut absolument pas manquer si vous passez un jour dans la région : l'esclalivada, l'esqueixada et l'escudella. L'esclalivada, pour commencer; est à base de poivrons rouges (très prisés à Barcelone, comme vous le constaterez rapidement sur place ^^) et d'aubergines mélangés à des tomates (grillées et pelées), le tout servi avec une sauce à l'ail et à l'huile d'olive. Un plat simple mais délicieux. L'esqueixada consiste en lamelles de morue séchée (bacallà) garnies de tomates, de poivrons rouges, d'oignons, d'olives et de haricots à l'huile d'olive et au vinaigre. On aime ou on déteste, mais personnellement j'adore. L'escudella, enfin, est un plat hivernal, un ragoût à base de riz, ou de nouilles, avec des haricots et autres légumes, cuits dans le bouillon de plusieurs viandes et saucisses ; il contient généralement quelques morceaux de ces viandes et saucisses. Certains restaurants servent en plat principal les viandes qui ont servi à produire le bouillon, appelées carn d'olla. Mais outre ces trois entrées, les plats sont de manière général extrêmement variés. Tout le monde connaît bien sûr la spécialité de Valence, la fameuse paella ; mais il existe dans la cuisine catalane une grande quantité d'autres plats à base de riz, généralement mélangé à du poisson, de la viande ou même avec les deux. Ce mélange mer/montagne peut paraître curieux, voire un peu rebutant au premier abord, mais autant vous le dire: l'essayer, c'est l'adopter ! Le seul point faible de la cuisine catalane, au final, ce sont ses desserts. Ces derniers ne sont à l'évidence pas son point fort, et les amateurs de salé y trouveront davantage leur bonheur. Pour autant, certains desserts méritent tout de même le détour, comme la crema catalana, un genre de crème brûlée avec sa croûte caramélisée. Il y a aussi le mel i mató (du fromage frais et du miel) et music (des fruits secs et des noix servis avec un muscat). Enfin, il y a le pijama, des pêches en conserve avec un flan, de la glace à la vanille et à la fraise, de la crème Chantilly et, parfois, un nappage au chocolat ou au caramel. Bref, un dessert à dormir debout... Voilà pour ce petit tour de découverte de la gastronomie catalane. Ses plats salés sont une merveille qu'il vous faut absolument goûter. C'est simple: les meilleurs séminaires que j'ai pu faire en Espagne ne sont pas ceux qui proposaient des activités sportives extraordinaires, mais ceux qui incluaient une dégustation ou un cours de cuisine catalan ! C'est dire si cette cuisine séduit ! Je vous laisse un excellent tuyau, le site de l’équipe qui a organisé notre séminaire en Espagne. Ils sauront vous convaincre, que vous aimiez la cuisine catalane ou non !
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